Dépressions, addictions, errances, marginalisations,… témoignent des modalités contemporaines du malaise dans la civilisation, où le désir ressortit davantage de l’égarement ou de l’évitement que de la culpabilité.
Les particularités de cette clinique actuelle, liées aux effets d’une société de consommation qui pousse à jouir sans limite, sur les conditions de la parole qui instaure une perte de structure, modifient l’adresse des patients et amènent les cliniciens à questionner les repères qui orientaient leurs interventions.
Les cas-limites, les borderlines, les personnalités "comme si", ces inclassables de la clinique semblent devenus aujourd’hui l’ordinaire de la clinique.
Cette actualité nous invite à revisiter le champ de la clinique réparti de manière stricte entre névrose et psychose, selon qu’est inscrit ou pas le signifiant phallique. Comment formaliser cet indécidable à quoi l’expérience aujourd’hui nous confronte, autrement qu’en termes fourre-tout d’états-limites ?
De nouveaux termes sont apparus dans la psychanalyse, qui témoignent d’une réflexion renouvelée et pluralisée tentant de rendre compte de la diversité de la clinique actuelle : ce sera l’occasion d’interroger les concepts de "psychose ordinaire" et de "perversion ordinaire" qui, dans leurs divergence ou convergence, répondent à la nécessité d’une avancée théorique pas sans effets sur l’orientation de nos pratiques.



