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	<title>Ecole Psychanalytique de Bretagne</title>
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		<title>Ecole Psychanalytique de Bretagne</title>
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		<title>Sur le roman &quot;Romance nerveuse&quot; de Camille Laurens</title>
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		<description>En mars 2011, &#224; la librairie Point-Virgule &#224; Namur, Jean-Pierre Lebrun avait invit&#233; Camille Laurens, &#224; &#233;changer autour de son dernier ouvrage, Romance nerveuse (paru chez Gallimard). Dans ce roman, Camille Laurens y d&#233;crit un personnage de paparazzi qu'elle m&#234;me appr&#233;hende avec sa lecture de L'homme sans gravit&#233; et de La perversion ordinaire. Rappelons que Camille Laurens sera l'invit&#233;e de la journ&#233;e organis&#233;e par l'&#233;cole psychanalytique de Bretagne le 2 juin &#224; Nantes et intitul&#233;e : D&#233;sir et engagement (...)

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&lt;a href="http://www.psychanalyse-bretagne.org/spip.php?rubrique125" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En mars 2011, &#224; la librairie Point-Virgule &#224; Namur, Jean-Pierre Lebrun avait invit&#233; Camille Laurens, &#224; &#233;changer autour de son dernier ouvrage, Romance nerveuse (paru chez Gallimard). Dans ce roman, Camille Laurens y d&#233;crit un personnage de paparazzi qu'elle m&#234;me appr&#233;hende avec sa lecture de L'homme sans gravit&#233; et de La perversion ordinaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Rappelons que Camille Laurens sera l'invit&#233;e de la journ&#233;e organis&#233;e par l'&#233;cole psychanalytique de Bretagne le 2 juin &#224; Nantes et intitul&#233;e : &lt;a href='http://www.psychanalyse-bretagne.org/spip.php?article463' class='spip_in'&gt;D&#233;sir et engagement de l'analyste face &#224; la clinique actuelle : dix ans apr&#232;s la publication de &#8220;L'homme sans gravit&#233;&#8221;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le texte rendu est l'int&#233;gralit&#233; de la transcription&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Jean-Pierre Lebrun : On peut dire que votre livre Philippe, paru en 1995 et qui a &#233;t&#233; r&#233;cemment r&#233;&#233;dit&#233; chez Stock, est au d&#233;part de votre dernier r&#233;cit, Romance nerveuse. Vous &#234;tes consid&#233;r&#233;e comme un des auteurs majeurs de l'autofiction, &#224; tort ou raison, on peut en discuter, mais vous pr&#233;f&#233;rez, quant &#224; vous, parler d'&#233;criture de soi. Non pas &#233;criture du moi, non pas autofiction mais &#233;criture de soi. Pouvez vous nous en dire un peu plus de ce qui vous fait pr&#233;f&#233;rer cette appellation ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Camille Laurens : Le mot d'autofiction en soi ne me d&#233;pla&#238;t pas, je trouve m&#234;me assez int&#233;ressante cette imbrication de l'autobiographie et de la fiction ; c'est une fa&#231;on de dire que toute autobiographie contient une part de fiction. D&#232;s qu'on emploie la langue &#233;crite, m&#234;me si, &#224; la mani&#232;re de Rousseau, on pr&#233;tend parler de soi de fa&#231;on compl&#232;tement sinc&#232;re et autobiographique, il y a toujours une part de re-cr&#233;ation. Je trouve donc cette notion d'autofiction, qui date de 1977 &#8211; c'est Serge Doubrovsky qui a invent&#233; le mot - int&#233;ressante. Simplement, c'est devenu ces derni&#232;res ann&#233;es tellement n&#233;gatif &#8211; c'est presque une injure- qu'aucun &#233;crivain n'a envie d'&#234;tre log&#233; &#224; pareille enseigne. Moi, je veux bien &#234;tre rang&#233;e sous cette banni&#232;re parce que j'y mets quelque chose de positif : la question de l'&#233;criture de soi, pr&#233;cis&#233;ment. L&#224; aussi je me d&#233;marque de ce que, parfois, on appelle l'&#233;criture du moi- qui revient &#224; dire qu'il s'agit de gens qui d&#233;ballent leurs petites histoires intimes et priv&#233;es, qui gomme tout l'aspect litt&#233;raire, tout le travail du style, de la langue, bref cela r&#233;duit ce type d'&#233;criture &#224; quelque chose de finalement tr&#232;s narcissique et voyeuriste. Ce n'est &#233;videmment pas du tout ma d&#233;marche. Ce que j'aime dans l'&#233;criture de soi, c'est que soi c'est tout le monde. C'est ce que disait d&#233;j&#224; Victor Hugo : Quand je vous parle de moi, je vous parle de vous. C'est repris par Doubrovsky : Quand je parle de moi, je parle des autres.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J-P L : Au-del&#224; m&#234;me de la question de savoir si c'est une fiction ou si au contraire ce n'est que la r&#233;alit&#233;, cela met de suite le doigt sur la question de l'&#233;criture. Vous l'&#233;crivez : Dans mes livres les faits sont vrais, les choses sont arriv&#233;es. Il existe un pacte de v&#233;rit&#233; auquel je tiens &#233;norm&#233;ment ; c'est l'id&#233;e du livre int&#233;rieur tel que le con&#231;oit Proust. Ce qu'il faut chercher, c'est &#224; restituer ce que la r&#233;alit&#233; a imprim&#233; en vous. Mais le r&#233;sultat est une fiction.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;CL : Le travail d'&#233;criture fait que cela devient un texte qui n'est pas un journal intime. Il y a une fiction &#224; partir du moment o&#249; il y a un travail avec les &#233;l&#233;ments du roman - ellipse, contraction de plusieurs sc&#232;nes en une seule, travail du rythme, de la phrase, de la syntaxe, c'est cela qui est important. Pour moi, les &#233;tiquettes ne sont pas tr&#232;s int&#233;ressantes, il y a de tr&#232;s mauvais romans comme il y a de tr&#232;s mauvaises autofictions, et inversement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J-P L : Vous dites : Ce n'est pas sans misogynie que certains d&#233;nient &#224; l'autofiction sa dimension litt&#233;raire. Y a-t-il quelque chose dans l'autofiction que d'embl&#233;e vous situez du c&#244;t&#233; du f&#233;minin ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;CL : Pas moi, mais en discutant avec Annie Ernaux, on &#233;tait tomb&#233; d'accord l&#224;-dessus : certains hommes - Carr&#232;re, Le Cl&#233;zio, Sollers et d' autres, font de l'autofiction, mais comme ils r&#233;cusent le terme, ou que personne ne veut les vexer, on ne les range sous cette cat&#233;gorie. C'est tr&#232;s souvent associ&#233; par les journalistes &#224; quelque chose de f&#233;minin, avec ce que cela peut avoir de misogyne dans leur esprit, c'est-&#224;-dire que ce sont des femmes qui mettent leur corps sur la table en quelque sorte, et qui parlent de leurs humeurs, de leurs sentiments, de leurs petites &#233;motions amoureuses. C'est tr&#232;s condescendant souvent. J'ai m&#234;me entendu une fois, dans la bouche d'un journaliste, parler d' &#171; ouvrage de dames &#187; ! Pas vraiment dame patronnesse car c'est souvent associ&#233; &#224; quelque chose d'un peu exhibitionniste, impudique. Tout cela est tr&#232;s d&#233;sagr&#233;able.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J-P L : Vous mettez n&#233;anmoins, vous, une limite &#224; l'autofiction : vous ne tenez pas &#224; ce que cela induise des effets n&#233;gatifs &#224; l'&#233;gard de quelqu'un. Il est &#233;vident que, cette limite, certains ne la respectent pas, Christine Angot, par exemple, ne semble que peu s'en soucier. Ce n'est pas tant une question de morale ou d'&#233;thique mais il s'agit du rapport m&#234;me &#224; l'&#233;criture : il me semble que la limite que n'arrive pas &#224; se mettre Christine Angot &#8211; jusqu'&#224; avoir tout le monde y compris les tribunaux &#224; dos pour son dernier roman, Les Petits - ce n'est m&#234;me pas n&#233;cessairement &#224; entendre comme d&#233;lib&#233;r&#233;ment voulu mais plut&#244;t comme la cons&#233;quence de ce que cette mani&#232;re de rester coll&#233; au r&#233;el est telle que c'est comme si la fiction ne pouvait plus s'en d&#233;gager.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cl : Annie Ernaux, par exemple, dit qu'elle ne peut pas se d&#233;gager du tout de la r&#233;alit&#233;, &#224; tel point que si c'est arriv&#233; &#224; 17 heures &#224; tel endroit, on ne peut pas changer cela dans le roman ; si elle doit d&#233;crire un lieu o&#249; elle a v&#233;cu enfant, il faut qu'elle y retourne pour le d&#233;crire.. C'est une diff&#233;rence avec moi. Moi, je peux ressentir cela parfois : vous allez me dire que c'est un exemple extr&#234;me, mais le pr&#233;nom Philippe, je ne peux pas le changer. Alors que je change le pr&#233;nom de son p&#232;re, de sa s&#339;ur. Du coup, je me trouve avec des sensations &#233;tranges parfois. Il y a Philippe et autour, des personnages.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J-P L : C'est comme si il y avait une palette de variations possibles dans les rapports entre le r&#233;el brut et ce que cela devient dans la fiction. Vous ne pouvez pas vous d&#233;gager du pr&#233;nom Philippe, Christine Angot ne peut peut-&#234;tre plus se d&#233;gager de rien du tout ! C'est vraiment une question de possibilit&#233; d'&#233;cart. Comment le faire ? Est-il encore possible ou pas ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;CL : C'est le probl&#232;me principal, oui. A chaque instant, c'est cela qui est en jeu.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J-P L : Avant de parler du contenu de Philippe, je trouve qu'il y a quelques points que j'ai envie de relever comme cela, entre autres sur la langue. Il me semble que vous campez tr&#232;s bien le cruel des mots. Quand vous &#233;crivez : Il n'y a pas de malheur dans le mot &#171; malheureux &#187;. Tous les mots sont secs, ils restent au bord des larmes. Le malheur est toujours un secret. Tout de suite, on pressent le poids de ce que parler implique une perte &#233;norme par rapport &#224; l'&#233;motion. On retrouve cela aussi &#233;voqu&#233; dans un ouvrage remarquable de Yves Bonnefoy Le si&#232;cle o&#249; la parole a &#233;t&#233; victime, o&#249; il dit par exemple que le mot &#171; fade &#187; n'a pas de fadeur. Vous exprimez tr&#232;s bien la perte, voire m&#234;me la douleur qu'implique le fait de devoir mettre en mots. L'avantage aussi, certes, mais il y a un travail de perte qui est tr&#232;s pr&#233;sent dans votre &#233;criture. C'est pour cela, je trouve, que ce petit ouvrage Philippe, &#233;crit apr&#232;s la perte d'un enfant &#224; peine n&#233;, &#224; la suite d'une n&#233;gligence m&#233;dicale, est &#224; la fois tr&#232;s accroch&#233; au r&#233;el de l'&#233;v&#232;nement, et en m&#234;me temps, au travers ce que vous payez comme prix aux mots, ce livre transcende l'&#233;v&#233;nement v&#233;cu auquel il est puissamment accroch&#233;. Il y a des phrases d'une force impressionnante : Il y a une chose infiniment plus douloureuse que de ne pas serrer dans ses bras un homme qu'on d&#233;sire, c'est de bercer dans ses bras un b&#233;b&#233; mort. Le corps ne comble rien, le corps manque.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;CL : Ce texte, ce sont des notes, des bribes. Je n'&#233;tais pas du tout dans l'id&#233;e de publier au d&#233;part ; c'est vraiment le lendemain de la mort de Philippe que j'ai fait l'exp&#233;rience que le recours &#224; l'&#233;criture pouvait, &#224; moi, me sauver la vie. Avec le recul , je pense que cela m'a vraiment permis de passer cette &#233;preuve ; et, en m&#234;me temps, c'&#233;tait une &#233;preuve car il y avait une impuissance des mots, quelque chose que je ne pouvais pas faire passer. Ceux qui vont lire ne pourront pas &#224; travers les mots que j'&#233;cris avoir la sensation de ce que je ressens. Il y a quelque chose qui est de l'ordre du manque &#224; l'int&#233;rieur m&#234;me des mots, mais c'est &#224; double face : c'est aussi ce qui m'a permis de supporter la perte de cet enfant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J-P L : Autant dans Philippe que dans Romance nerveuse, j'ai l'impression que l'&#233;criture inscrit quelque chose qu'il n'&#233;tait pas possible d'inscrire. Cela vaut pour le paparazzi qui est le personnage de votre dernier livre, mais aussi pour la mort de votre enfant. Quelque chose qui vous atteint mais dont vous ne pouvez acter la densit&#233; ; ne reste alors que l'&#233;criture, gr&#226;ce &#224; ce qu'elle va impliquer de travail de la langue. Vous allez d'ailleurs, &#224; propos de la mort de Philippe, jusqu'&#224; indiquer que les gens autour de vous sont pris dans la m&#234;me torpeur, ils ne savent plus que dire. Alors, vous &#233;crivez : Il y a ceux qui font comme si il ne s'&#233;tait rien pass&#233;, comme si ils ignoraient tout, mais ils savent pourtant, puisque me revoyant le ventre d&#233;gonfl&#233;, ils ne demandent pas de nouvelles du b&#233;b&#233;. Ceux qui me rencontrant au march&#233; me parlent du prix des tomates et des vacances prochaines. Par eux, &#224; leur insu, Philippe souffre mille morts, en faisant comme si de rien n'&#233;tait, ils font comme si il n'&#233;tait rien. Il &#233;tait venu au monde et le monde n'avait de cesse de l'oublier, de l'annuler, de n'en pas m&#234;me garder la trace tel un nom sur une tombe, dans une minute de conversation, dans l'hommage d'une phrase. Les semaines qui ont suivi sa naissance, chaque fois qu'on m'a parl&#233; d'autre chose, il est mort &#224; nouveau. Les Marocains sont plus simples devant la mort, ils en parlent, surtout les pauvres. Miloud m'a dit : il va en venir un autre, tu verras, en montrant le ciel comme s' il en pleuvait. Il y a ceux qui ont couru le risque d'&#234;tre banals, et bien s&#251;r ils l'&#233;taient mais nous aidaient &#224; vivre. Claudy, Louis-Jo, Michel et Luc, ceux qui ne savaient pas quoi dire et qui l'ont dit, ceux qui nous ont offert cela : leur maladresse, leur b&#233;gaiement, leur impuissance accot&#233;e &#224; la n&#244;tre, ceux qui nous ont donn&#233; ce qu'ils avaient, ce qu'ils &#233;taient. Vous faites bien entendre comment l'impossibilit&#233; d'inscrire l'&#233;preuve et la douleur est partag&#233;e par les gens autour de vous.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;CL : C'est un passage sur lequel on me reprend parfois en disant : c'est difficile de parler &#224; quelqu'un qui vient de perdre un enfant. C'est vrai, je le sais. Mais je traduisais le sentiment de d&#233;tresse quand vraiment on ne m'en parlait pas du tout.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J-P L : Je ne peux pas, depuis la place que j'occupe, ne pas &#234;tre sensible au fait que votre livre est aussi une interpellation de la m&#233;decine.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;CL : C'est la premi&#232;re raison qui a fait que j'ai accept&#233; de le publier. J'avais un peu peur puisque je n'avais pas &#233;crit en vue d'une publication, par rapport &#224; un &#233;ventuel exhibitionnisme. C'est mon &#233;diteur de l'&#233;poque qui m'a convaincue et je ne le regrette pas puisque j'ai re&#231;u &#233;norm&#233;ment de lettres ; donc, une des premi&#232;res raisons qui m'a fait accepter une publication, c'est que je me disais qu'au-del&#224; de mon cas personnel, cela posait des questions &#224; la m&#233;decine.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J-P L : Il testait un nouvel appareil, un technicien lui en expliquait le fonctionnement. Il appuyait sur des boutons, multipliait les essais en d&#233;pla&#231;ant la sonde sur mon ventre. Qu'&#233;tait-ce &#224; ses yeux que ces t&#226;ches mouvantes o&#249; j'ai cru saisir un moment, en l'absence de tout commentaire, un geste de la main, coucou mon amour ? Quelle valeur attachait-il &#224; cette forme pirouettante qui n'avait pas de prix pour moi ? A-t-elle &#233;t&#233; jamais autre chose qu'un cobaye peu docile &#224; l'exp&#233;rience dont il fallait bien pourtant &#171; prendre les mesures &#187;, et &#224; propos duquel il s'&#233;criera finalement d'un ton exasp&#233;r&#233; : &#171; mais enfin, il bouge tout le temps &#187;, pendant que j'essaierai en vain, secr&#232;tement fi&#232;re, de calmer mon nageur. Ce passage se situe &#224; la fin de la derni&#232;re &#233;chographie, o&#249; le m&#233;decin aurait d&#233;j&#224; d&#251; diagnostiquer qu'un probl&#232;me se pr&#233;parait.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;CL : Ce qui m'a frapp&#233; dans tout cela, c'est l'absence de contact humain, m&#234;me apr&#232;s la mort de Philippe.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J-P L : Il n'a pas pu vous dire qu'il s'&#233;tait tromp&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;CL : Jamais.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J-P L : Vous terminez d'ailleurs ainsi : La m&#233;decine, apr&#232;s tout, est une science humaine. Une &#233;preuve s&#233;lective par la litt&#233;rature, la psychologie ou m&#234;me comme autrefois la version grecque permettrait d'&#233;liminer &#224; la fois les polards et les brutes, ce qui serait d&#233;j&#224; beaucoup. Je ne sais pas si vous serez suivie par ceux qui d&#233;cident du programme des &#233;tudes m&#233;dicales, je crains que non, mais n&#233;anmoins, il faut le dire ! Car c'est vrai que d'&#234;tre pris dans la technicit&#233;, si cela a des cons&#233;quences heureuses pour les performances th&#233;rapeutiques, cela entra&#238;ne aussi que la dimension sp&#233;cifiquement humaine de la relation en m&#233;decine est de plus en plus oubli&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;CL : Je pense que cela serait bien qu'au moins au d&#233;but de la m&#233;decine il y ait des sciences humaines, de la litt&#233;rature.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J-P L : Depuis longtemps on alterne : il y a ce constat, et puis on remet cela au programme, et puis on le supprime &#224; nouveau ; et puis on y revient... Mais cela n'est plus aujourd'hui l'aspect essentiel de la formation m&#233;dicale ; le probl&#232;me, c'est le m&#233;decin ainsi produit sous la pr&#233;valence de la connaissance techno-scientifique pendant sept ans : un professionnel format&#233;, au savoir certes essentiel, mais insuffisamment pr&#233;par&#233; &#224; l'enjeu de la subjectivit&#233; humaine. C'est d'ailleurs tr&#232;s difficile d'&#234;tre &#224; la hauteur des deux c&#244;t&#233;s, c'est l'enjeu du m&#233;decin g&#233;n&#233;raliste qui devrait encore pouvoir &#234;tre cette personne-l&#224;, mais qui lui-m&#234;me ne sait souvent pas tr&#232;s bien comment se situer.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si vous le voulez bien, maintenant, je voudrais &#233;voquer les difficult&#233;s que vous avez connues ces derniers temps afin de situer le contexte dans lequel vous avez &#233;crit votre dernier ouvrage Romance nerveuse. Marie Darrieussecq publie un livre intitul&#233; Tom est mort, et vous avez le sentiment qu'elle reprend un peu ce que vous avez &#233;crit ici, en quelque sorte qu'elle vous plagie ; vous en parlez &#224; votre &#233;diteur, qui n'accepte pas du tout la remarque.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;CL : Oui. Je pense que, d&#233;j&#224;, lui aurait d&#251; m'en parler. Ce n'est cependant pas l&#224; le point essentiel. Il y a effectivement des phrases, c'est objectif, qui sont recopi&#233;es, dans ce qui est un roman de Marie Darrieusecq &#224; la premi&#232;re personne. Elle a imagin&#233; une narratrice qui perd un enfant et qui &#233;crit ce qu'elle a ressenti, le deuil, la douleur.. Il y a des phrases qui &#233;taient reprises, mais ce n'est pas tellement cela, c'est le fait que mon &#233;diteur ne m'ait pas pr&#233;venue, alors que Marie Darrieusecq &#233;tait venue chez POL parce qu'il &#233;tait l'&#233;diteur de Philippe, livre qu'elle disait admirer. J'ai trouv&#233; pour le moins ind&#233;licat et m&#234;me grossier qu'elle &#233;crive ensuite un livre o&#249; elle reprend exactement la forme narrative et le th&#232;me- la premi&#232;re fois que je l'ai entendue en parler, elle disait : &#171; &#231;a fait longtemps que je veux faire un livre sur le th&#232;me de l'enfant mort &#187;. Pour moi, &#233;videmment, ce n'est pas un th&#232;me ! Ni elle ni lui ne m'en ont donc parl&#233;, et j'ai &#233;t&#233; mise face au texte comme cela... Ne serait-ce que le titre - Tom est mort, sonne de fa&#231;on parodique, car c'est une des derni&#232;res phrases de mon livre- &#171; Philippe est mort &#187; - j'ai trouv&#233; que la moindre des choses aurait &#233;t&#233; de m'en parler. Par ailleurs, j'ai tendance &#224; penser que, d'un point de vue litt&#233;raire, cela n'a pas de sens d'&#233;crire un livre comme cela. C'est peut &#234;tre esth&#233;tique, beau, bien &#233;crit mais qu'est ce que cela apporte au lecteur, une fiction &#224; la premi&#232;re personne pour expliquer une douleur qu'on ne conna&#238;t pas, un deuil qu'on n'a pas connu. Moi, en tant que lectrice, je pense que cela nuit &#224; la litt&#233;rature.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J-P L : Au-del&#224; de la querelle que cela a engendr&#233;e et de ce que les m&#233;dias en ont fait, j'ai surtout envie de vous entendre sur l'effet qu'a eu sur vous le fait que votre &#233;diteur vous ait &#171; plaqu&#233;e &#187;. J'ai d&#233;couvert que Laurens est au d&#233;part votre pr&#233;nom devenu votre nom d'&#233;crivain et que votre &#233;diteur s'appelait Otchakovsky-Laurens ! Pour ne pas faire dans la nuance, on pourrait dire que, vraiment, votre Nom du P&#232;re vous a &#233;t&#233; retir&#233; !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;CL : Oui, mais notez que je ne l'ai pas fait expr&#232;s : j'ai choisi mon pseudonyme avant de savoir que c'&#233;tait POL &#8211; Paul Otchakovsky-Laurens &#8211; qui m'&#233;diterait. Ce qui est s&#251;r, c'est que, dans Dans ces bras l&#224;, je racontais la relation &#224; mon &#233;diteur en faisant un parall&#232;le avec le p&#232;re, disant que c'&#233;tait lui qui m'avait permis de mettre au monde mon premier livre et tous les suivants. C'&#233;tait d'ailleurs une blague entre nous, il disait souvent : j'en ai assez d'&#234;tre votre p&#232;re ! &#199;a, je l'ai vu, oui !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J-P L : Ce qui est important, et dont vous parlez dans Romance nerveuse, c'est l'&#233;tat de fragilit&#233; dans lequel cela vous a mis. La relation &#224; son &#233;diteur est importante, c'est toute la question de sa l&#233;gitimit&#233; d'&#233;crire qui est l&#224; impliqu&#233;e, que l'&#233;diteur vient, abusivement m&#234;me, soutenir. Enfin, il le soutient vraiment mais de rien, puisque ce n'est jamais que son avis. N'emp&#234;che que cette fiction vous l&#233;gitime comme auteur ! Cela m'est apparu &#224; travers la difficult&#233; qui fut la v&#244;tre, comme un des endroits o&#249; l'on voit, pour aller vite, la dimension d'imposture du transfert. Cela me fait penser &#224; une petite anecdote &#224; cet &#233;gard : un groupe de soldats suisses s'est perdu &#224; la suite d'une avalanche dans les Alpes. Ils &#233;taient en bien f&#226;cheuse posture, jusqu'&#224; ce qu'un des soldats trouve dans sa poche un bout de carte, qui va leur permettre de retrouver leur chemin et de s'en sortir.. Et pourtant, en regardant &#224; posteriori le bout de carte salvateur, on s'est rendu compte qu'il s'agissait d'une carte des&#8230;Pyr&#233;n&#233;es !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;CL : C'est tout &#224; fait int&#233;ressant ce que vous dites sur le transfert. POL &#233;tait mon &#233;diteur depuis le premier livre, publi&#233; il y a presque vingt ans. Simplement, comme ni lui ni Marie Darrieusecq ne voulaient rien entendre, j'ai &#233;crit un article dans La revue litt&#233;raire - qui tire &#224; 400 exemplaires - et il n'a pas support&#233; que je parle vraiment de tout cela, f&#251;t-ce devant un public aussi confidentiel. Il m'a r&#233;pondu dans le Monde ! Il y avait une disproportion entre le petit filet de voix que je faisais entendre et ce qui s'est abattu sur moi ensuite. En page deux du Monde, donc, il a dit que ce n'&#233;tait pas possible, que jamais plus il ne me publierait. L&#224;, j'ai eu un long moment de grande fragilit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J-P L : En fait, vous faisiez transfert sur lui, mais ne saviez pas qu'il faisait transfert sur vous. Il faut que vous racontiez l'&#233;pisode de ce film.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;CL : Peu de temps avant ce qui est plus qu'une dispute, il a fait un film autobiographique dans lequel il m'a demand&#233; (car il aimait beaucoup ma voix, disait-il, ce sont les ruses de l'inconscient !) de faire la voix off, o&#249; je joue donc sa m&#232;re &#8211; tout le film est centr&#233; sur &#8230;Madame Laurens.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J-P L : Vous ne saviez donc pas comment la v&#233;racit&#233; de ce que vous lui adressiez venait le toucher, venait toucher toute une s&#233;rie de choses qui se sont d'ailleurs r&#233;gl&#233;es dans le public via les m&#233;dias, ce qui est tr&#232;s embarrassant, car l&#224;, on ne ma&#238;trise plus rien.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;CL : Sur le r&#244;le des m&#233;dias, c'est terrible et fascinant &#224; la fois. Jusqu'il y a peu, je ne pouvais pas aller dans une librairie sans qu'on me demande si j'avais perdu mon proc&#232;s contre Marie Darrieusecq ! Je disais que je n'avais pas fait de proc&#232;s, mais on m'avait tellement pr&#233;sent&#233; comme l'accusatrice que les gens avaient cette image en t&#234;te.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J-P L : Je vous signale que c'est exactement ce qui se passe avec Christine Angot &#224; propos de son dernier ouvrage Les petits : la presse (Le Nouvel Observateur en l'occurrence) l'accuse - &#224; juste titre, je crois &#8211; d'avoir utilis&#233; l'ex femme de son compagnon actuel comme mod&#232;le de m&#232;re abusive dans son roman , mais elle met pour illustrer l'article, la photo de la dame en question ! On crie au scandale mais on en rajoute une couche ! Vous parlez de ces m&#233;canismes dans votre livre. Vous aviez envoy&#233; &#224; votre &#233;diteur une copie de votre article &#224; para&#238;tre : Je pensais qu'il comprendrait mieux mon point de vue, l'importance que rev&#234;tait pour moi cette histoire . J'ai dit Allo !, rien d'autre jusqu'&#224; la fin de la communication, de l'excommunication. Il a vocif&#233;r&#233; pendant cinq minutes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;CL : Je n'ai pas dit un mot, j'ai &#233;t&#233; interdite de parole dans toute cette histoire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J-P L : &#199;a vous a mise dans une position d'&#234;tre priv&#233;e de votre appui : vous perdez du jour au lendemain la fiction de cet appui, et je ne sais pas si c'est cela qui vous a rendu sensible au paparazzi que vous d&#233;crivez dans Romance nerveuse.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;CL : Je pense que cela a jou&#233;, je pense qu'en d'autres circonstances, Ruel aurait gagn&#233; plus facilement !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J-P L : Pr&#233;cisons pour &#234;tre bien compris, qu'il y a dans Romance nerveuse une astuce litt&#233;raire tr&#232;s judicieuse : vous vous divisez entre vous et vous-m&#234;me, votre voix int&#233;rieure nomm&#233;e Ruel, qui vous rappelle r&#233;guli&#232;rement &#224; la raison, qui vous pr&#233;vient, reprend, commente ce qui vous arrive. On a tous une Ruel &#224; la maison. Cette Ruel est beaucoup plus perspicace que vous, bien que ce soit vous en m&#234;me temps !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;CL : Il faut dire que Ruel lit les livres de Jean-Pierre Lebrun !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J-P L : Il est d&#233;crit l&#224; un personnage tr&#232;s proche de ce que Melman a appel&#233; (et dont j'ai continu&#233; l'analyse &#224; ma fa&#231;on dans La perversion ordinaire) un homme sans gravit&#233;, arrim&#233; &#224; rien ; tout flotte, c'est sans limite, tout y est possible. J'ai &#233;t&#233; &#233;videmment tr&#232;s int&#233;ress&#233; de lire, de votre point de vue de romanci&#232;re, la description d'un personnage comme cela. Le m&#233;tier de paparazzo exerc&#233; par votre personnage pourrait encore faire penser que c'est son m&#233;tier qui d&#233;termine son fonctionnement, mais on rencontre aujourd'hui de plus en plus de personnes qui vivent sur un tel sch&#233;ma. Je dirais plut&#244;t que le choix de sa profession est cons&#233;quent avec son fonctionnement psychique. Face &#224; ce personnage, on retrouve la question de la non inscription, au sens o&#249; on pourrait dire que, pour lui, rien ne s'inscrit. Ruel, en revanche, introduit l'&#233;cart. Vous vous installez en personnage divis&#233;, et qui donc d'embl&#233;e tracte avec cet &#233;cart. Cela m'a sembl&#233; tr&#232;s int&#233;ressant car je crois que, si vous n'&#233;tiez que Ruel, vous n'entendriez pas ce personnage. Il y a entre vous et lui une proximit&#233;. Il vous inclut d'ailleurs dans sa mani&#232;re de fonctionner, notamment quand, en vacances, il se sert de vous pour filmer en douce Christophe Ma&#233;. Ce que j'ai trouv&#233; tr&#232;s int&#233;ressant, c'est la fa&#231;on dont votre propre division que vous mettez en sc&#232;ne dans le livre, fait que vous n'&#234;tes pas sourde &#224; ce personnage. Vous &#234;tes des deux c&#244;t&#233;s &#224; la fois : arrim&#233;e d'un pied et harponn&#233;e de l'autre. Aujourd'hui, comment le diriez vous, ce personnage ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;CL : L'&#233;l&#233;ment principal, c'est cette impression que rien n'a de sens au fond. Le point de d&#233;part, c'est une fascination, une tentation d'amour &#8211; car on peut aussi ressentir l'&#233;poque sous cet angle d&#233;sesp&#233;r&#233; : plus rien n'a de sens, tout se vaut, on passe d'une relation &#224; l'autre et on oublie aussit&#244;t, les paroles n'ont pas de sens, on dit une chose et on fait le contraire, on ne tient pas ses promesses. Tout cela, c'est quelque chose que je pouvais ressentir comme un besoin de libert&#233;, l'absence de limites, c'est aussi un peu en chacun de nous, ce d&#233;sir-l&#224; ; une partie de moi est sensible &#224; cela, &#224; cette enfance, en fait.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J-P L : Il est touchant, il n'est pas que n&#233;gatif. Il a des mouvements extr&#234;mement spontan&#233;s, tr&#232;s forts, mais il n'y a rien qui tient.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;CL : C'est &#231;a, il n'y a rien qui tient. Mais dans l'instant, il y a des moments de gr&#226;ce.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J-P L : Il est dans l'instant, d'ailleurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;CL : Il y a l&#224; quelque chose d'&#233;mouvant. Et puis, l'autre aspect, c'est l'angoisse que cela provoque. Je n'avais jamais rencontr&#233; quelqu'un comme lui. Pour le coup, c'&#233;tait une poule qui rencontrait un couteau !! Il y avait une fascination, en m&#234;me temps le d&#233;sir de comprendre, mais cette angoisse a &#233;t&#233; presque colmat&#233;e par les lectures que fait Ruel : La perversion ordinaire, L'homme sans gravit&#233;... C'&#233;tait une fa&#231;on de colmater une angoisse parce que je me disais : ce n'est pas moi qui suis folle, &#231;a existe. C'est tr&#232;s bizarre comme sentiment : l'impression de ne pas &#234;tre toute seule devant ce ph&#233;nom&#232;ne, parce que c'&#233;tait pour moi un ph&#233;nom&#232;ne. C'est tr&#232;s angoissant quand rien ne s'inscrit, qu'il n'y a pas de temporalit&#233;, que tout est emport&#233; dans le flot..&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J-P L : Rien que la fa&#231;on dont il vous rappelle apr&#232;s vous avoir vue &#224; Djerba : J'&#233;tais en train de pleurer sur mon canap&#233;. Salut, c'est Luc. On s'est rencontr&#233; &#224; Djerba le mois dernier, j'avais perdu ton num&#233;ro. Je sais pas o&#249; je l'ai fourr&#233; mais je t'ai googleis&#233;e, et voila je t'ai retrouv&#233;e. Tu te souviens de moi ? Tu es libre pour demain, on pourrait faire un tennis ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;CL : Le portrait de ce personnage, ce que j'ai voulu reconstituer, passe d'abord par le rythme de la phrase. Avec lui, on est tout le temps dans un tempo d'acc&#233;l&#233;ration, comme un zapping permanent ; et donc, il y a des phrases qui sont arr&#234;t&#233;es net, on passe tout d'un coup &#224; autre chose. Je voulais restituer le rythme, c'est pour cela que j'ai mis en exergue la phrase de Mallarm&#233; : &#171; Toute &#226;me est un n&#339;ud rythmique &#187;. Pour moi, c'&#233;tait d'abord la rencontre de deux n&#339;uds rythmiques, la narratrice et lui, avec des points communs, des traumatismes d'enfance, mais aussi des rythmes compl&#232;tement diff&#233;rents. C'est vraiment comme une cacophonie, d'une certaine mani&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J-P L : &#171; On se voyait de fa&#231;on irr&#233;guli&#232;re. Luc n'aimait que l'impr&#233;vu, la chose dont on ignore qu'on va la faire dix secondes avant de la faire. Il &#233;tait impossible de programmer une sortie, une partie de tennis, un dimanche ensemble. Luc pr&#233;f&#233;rait arriver &#224; l'improviste, apr&#232;s un bref coup de fil, c'est quoi ton adresse d&#233;j&#224; ? Il imputait cette incapacit&#233; &#224; son m&#233;tier, &#224; l'urgence al&#233;atoire du terrain, mais en toutes circonstances il niait la cha&#238;ne du temps, ses maillons dont l'un m&#232;ne &#224; l'autre, il niait le flux du temps, ses ports, ses balises, ses amers. Jamais ne serait f&#233;tu charri&#233;, barque docile. Il ne s'arcboutait pas contre la puissance sup&#233;rieure de son fleuve, il en ignorait simplement le flot ou se r&#233;servait la possibilit&#233; infinie d'en d&#233;tourner le cours au gr&#233; de son humeur ou de ses besoins. &#187; Il y a de nombreuses pages o&#249; vous le d&#233;crivez avec beaucoup de justesse. &#171; Il appuyait sa vie sur le possible et la limite n'&#233;tait pas nettement marqu&#233;e avec l'impossible. Tous ses projets &#233;taient pr&#233;sents, ombres de parasol, ils se projetaient sur place, donnaient forme &#224; ses journ&#233;es comme &#224; ses nuits, il ne leur demandait pas d'avoir un destin mais d'exister, de le faire exister &#187;. Vous faites bien entendre comment, &#224; travers l'aspiration &#224; entrer dans son rythme, se joue la reconnaissance de ce qu'il existe. On dirait qu'il vous dit tout le temps : dis moi que j'existe.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;CL : Oui, oui, bien s&#251;r. D'ailleurs il me demande d'&#233;crire le livre ; il m'apporte un cahier &#224; spirale en me disant que je pourrai ainsi arracher les pages quand je ne dis pas la v&#233;rit&#233;, et que je dois l'appeler &#171; Journal de toi &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J-P L : Ce qui est beau, c'est que, petit &#224; petit, vous commencez &#224; lui renvoyer ce que vous attendez et ne rencontrez pas. Luc, ce n'est pas de sexe que je suis demandeuse, c'est de d&#233;sir. Mais tu ignores ce que c'est. Tu n'as pas de d&#233;sir, ni de moi ni de rien. Tu as des r&#234;ves, des besoins, ce n'est pas pareil. Tu t'ennuies, c'est tout. Rien ne tient longtemps et tu d&#233;molis tout ce qui pourrait tenir. Il y a eu quelques moments, malgr&#233; tout, entre toi et moi. Je cherche &#224; les retrouver, admettons. Mais je ne suis pas de taille &#224; lutter contre l'incommensurable ennui que t'inspire le monde assez vite. C'est ce qui m'angoisse, l'impuissance o&#249; je suis envers toi. Un jour j'ai eu un enfant mort entre les bras, alors je sais ce qu'est l'impuissance. Je ne ressuscite pas les morts. Restons en l&#224;, donc. J'ignore pourquoi tu agis ainsi, pourquoi tu te fais ha&#239;r, pourquoi tu repousses ce que tu attires, mais quoi que ce soit, on devrait avoir honte de se rendre si malheureux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;CL : Ce qui me frappe, c'est l'absence de d&#233;sir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J-P L : Vous soulignez quelque chose qui est, je pense, tr&#232;s souvent en jeu aujourd'hui : le grand d&#233;sarroi d'une femme devant ce type de fonctionnement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;CL : Vous pensez que ce sont surtout les hommes qui fonctionnent comme cela ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J-P L : Non, il n'y a pas que les hommes qui fonctionnent comme cela. Encore que ! Je me demande quand m&#234;me si le fonctionnement est le m&#234;me chez ce qui devrait alors s'appeler une femme sans gravit&#233;. La division qui est d'embl&#233;e toujours la sienne, la met peut-&#234;tre un peu &#224; l'abri .Pour le dire en termes analytiques : sa dimension pas-toute phallique la met un peu &#224; l'abri de devoir &#234;tre dans ce phallicisme forcen&#233; en m&#234;me temps qu'inop&#233;rant pour ce qui est d'y trouver sa consistance. Il faudrait d&#233;velopper cela mais ce qui est certain, c'est que, quand une femme a un rapport &#224; un homme pris dans ce processus, ce n'est pas simple pour elle, parce qu'elle ne sait pas o&#249; il est, ni donc non plus o&#249; elle se trouve.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;CL : Je vous le confirme !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J-P L : Alors que lui, il peut s'y retrouver. On &#233;voque souvent, par exemple, que sur internet, ce sont les femmes qui se font, davantage que les hommes, pi&#233;ger dans les rencontres. Ca tient &#224; cela. Les femmes attendent quelque chose d'un engagement m&#234;me minimal ; alors que l'homme qui fonctionne comme cela n'attend qu'une chose : avoir son attente assouvie. Un point, c'est tout ! L'absence de non rapport sexuel est renforc&#233;e, &#233;videmment, dans ce type de dynamique. Luc &#233;tait arriv&#233; saoul chez moi. T'es qui ? je ne me souviens plus de ton nom, m'avait-il r&#233;p&#233;t&#233; avant de s'&#233;crouler sur mon canap&#233; o&#249; il avait pass&#233; la nuit &#224; zapper tandis que je ruminais ma soir&#233;e rat&#233;e. En r&#233;alit&#233;, c'est le contraire a-t-elle repris. Ce qu'il voudrait passionn&#233;ment, c'est garder quelqu'un avec lui pour toujours, fusionner. Mais comme il a le souvenir sauvage ou m&#233;lancolique jamais oubli&#233; du moment o&#249; il faut se s&#233;parer, o&#249; on ne peut pas faire autrement, il l'anticipe, il le suscite, il le provoque. Oui, c'est cela, un provocateur, c'est ce qu'il est, un provocateur de sa propre ruine. Un stimulateur de rien. Il ne fuit pas le rapport avec autrui, pas exactement. Il cherche l'absence de rapport qui suivra. Tout ce qui pourrait marcher, il le paralyse, tout ce qui pourrait s'&#233;panouir, il l'&#233;touffe, tout ce qui pourrait demeurer il le chasse. Il trahit tout, sa parole, ses amis, ses proches. Ses proches ? Il n'a ni proche ni prochain, il n'est fid&#232;le &#224; rien qu'&#224; son malheur. Il entra&#238;ne les autres dans sa chute mais sans le vouloir, sans le d&#233;cider, comme dans cet accident qu'il a racont&#233;. Si il a tu&#233; quelqu'un, il ne l'a pas fait expr&#232;s, il n'a pas de volont&#233; de nuire aux autres, simplement il n'y pense pas. La place du mort, c'est la sienne. On peut comprendre qu'il veuille y &#233;chapper. Il fuit en avant, il bouge tout le temps, il d&#233;place la fronti&#232;re du n&#233;ant, il passe, oui, il ne fait que passer, il outrepasse, il passe outre, il outrage sans cesse, rien ne l'arr&#234;te.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;CL : C'est cette question de la limite, de passer outre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J-P L : Je suis presque un peu g&#234;n&#233; de trouver tout cela dans un roman ! Et puisque vous vous situez du c&#244;t&#233; de l'autofiction, ce n'est pas un personnage invent&#233; ! C'est d'autant plus int&#233;ressant. Vous avez rencontr&#233; un homme sans gravit&#233; !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;CL : Je crois m&#234;me que j'en ai enlev&#233; un petit peu. Parce que j'avais peur que cela ne soit pas vraisemblable. D&#233;j&#224; ainsi, beaucoup de lecteurs me disent que ce n'est pas possible..&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J-P L : Il y a deux choses pour aller un petit peu plus loin, deux traits fondamentaux : l'enfant. C'est un enfant dans un corps d'adulte. Et c'est un sujet qui a surtout rapport &#224; la m&#232;re et qu'&#224; la m&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;CL : C'est aussi cette enfance qui fait son charme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J-P L : Avec le c&#244;t&#233; fascinant : c'est encore un enfant. Lacan a dit un jour qu'il &#233;tait rest&#233; un enfant de cinq ans. Oui, c'est vrai, mais je crois qu'en m&#234;me temps, il &#233;tait compl&#232;tement tortur&#233; comme tous les adultes. Donc il n'&#233;tait plus un enfant. Tandis que votre personnage n'est pas un &#234;tre tortur&#233;, mais torturant. Enfin, pas tortur&#233;, c'est peut- &#234;tre aller un peu vite, car il est quand m&#234;me tr&#232;s mis &#224; mal. Mais c'est un enfant qui n'arrive pas &#224; assumer une peau d'adulte. C'est un homme sans parole comme vous l'&#233;crivez : Quel homme aurait-il &#233;t&#233; sans cette f&#234;lure ? Il n'est pas cass&#233;, il est f&#234;l&#233;. Il n'est pas fou, il est comme fou mais il ne l'est pas. C'est cela qui est d'autant plus troublant, parce qu'alors l'alt&#233;rit&#233; de la folie n'a plus le visage d'une alt&#233;rit&#233; dont je peux me d&#233;gager, que je peux rejeter loin de moi tellement elle m'est &#233;trang&#232;re. Ici, toutes les choses qu'il pousse &#224; l'extr&#234;me, nous les partageons un peu, nous les connaissons. On ne sait donc pas au nom de quoi mettre tout &#224; coup une limite, inscrire une diff&#233;rence. L'autre jour, par exemple, dans une supervision, on me raconte que des parents am&#232;nent leur enfant chez une orthophoniste depuis un an, d'une part jamais &#224; l'heure &#8211; l'heure &#233;tant une contrainte qu'ils n'avaient pas int&#233;gr&#233;e - mais en ne sachant m&#234;me pas &#224; quel th&#233;rapeute de l'&#233;quipe ils am&#232;nent leur enfant (il s'agissait d'une petite &#233;quipe). Les parents ne reconnaissaient pas l'orthophoniste ! Vous pensez que les th&#233;rapeutes se sentaient annul&#233;s dans leur position subjective, voire m&#234;me m&#233;pris&#233;s par ces parents. Je crois pourtant qu'il ne faut pas y voir du m&#233;pris mais plut&#244;t le signe de gens qui n'ont pas inscrits l'alt&#233;rit&#233; dans leur t&#234;te ; ceci a des effets de violence, mais ce n'est pas d'office violent. C'est l'indice de vies qui ont pu se construire sans confrontation &#224; l'alt&#233;rit&#233;, au point de ne pas m&#233;moriser les traits de celui ou celle &#224; qui ils ont affaire. L'autre ne s'est pas inscrit, n'a pas de place. Ils fonctionnaient, ces gens, comme votre personnage ! On rencontre de plus en plus de gens comme cela, construits dans le discours courant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;CL : Pour vous, l'explication tient dans une perte du nom du p&#232;re, et de ses rep&#232;res ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J-P L : Nous sommes en difficult&#233; sur un point tr&#232;s pr&#233;cis : dans son travail pour grandir, l'enfant doit rencontrer quelque chose qui vienne l'entamer, lui mettre une limite, et cette limite ne peut pas &#234;tre que r&#233;elle. Il convient qu'elle soit symbolis&#233;e. Pour cela, il faut qu'il rencontre, qu'il en passe par quelqu'un qui incarne la Loi du langage qui est la n&#244;tre. Or ce quelqu'un aujourd'hui est souvent en difficult&#233; pour accepter de donner sa chair &#224; cette Loi, et de ce fait n'est souvent plus effectu&#233; le travail d'entame. On a souvent &#224; cette place aujourd'hui des gens g&#234;n&#233;s, voire emp&#234;ch&#233;s de faire ce boulot. L'enfant pour qui ne s'est pas inscrite cette entame, quand il grandit, il profite de tout le discours social pour r&#233;cuser celui qui viendra prendre le relais, comme par exemple l'enseignant. On peut donc grandir aujourd'hui dans l'illusion de rester inentam&#233; par l'autre. Conclusion : il ne conna&#238;tra pas l'alt&#233;rit&#233;, l'autorit&#233;, n'en parlons m&#234;me pas ; et, il ne conna&#238;tra pas non plus l'ant&#233;riorit&#233;, la temporalit&#233;. Il sera tout &#224; fait en panne du coup de ce c&#244;t&#233;-l&#224;. Je pense qu'il ne faut pas le voir comme quelque chose d'irr&#233;versible et d'irr&#233;m&#233;diable, mais encore faudra-t-il qu'il rencontre quelqu'un qui soit &#224; m&#234;me de l'amener &#224; rep&#233;rer que ce fonctionnement le met dans une impasse.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;CL : Et, en m&#234;me temps, cela n'emp&#234;che pas de vivre, de travailler.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J-P L : Pour ce qui est de travailler, il peut tr&#232;s bien se d&#233;brouiller car cela peut &#234;tre compatible &#224; la limite avec certains boulots, par exemple d'ing&#233;nierie informatique. O&#249; cela pose probl&#232;me, c'est dans l'intimit&#233;, dans la relation avec l'autre. Je pense que ce type de fonctionnement &#233;tait plut&#244;t rare avant, alors qu'aujourd'hui il s'av&#232;re de plus en plus fr&#233;quent.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Conf&#233;rence de Marcel CZERMAK</title>
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		<dc:date>2012-04-26T08:36:38Z</dc:date>
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		<description>Le samedi 16 juin 2012 &#224; 15 h 00 H&#244;tel OCEANIA 17 rue Poher (pr&#232;s du supermarch&#233; Carrefour) QUIMPER Dans l'introduction au livre d'entretiens qui lui est consacr&#233; : &#171; La navigation astronomique &#187; (ISI Print 2011), Cyrille Deloro et Jean-Michel Gentizon &#233;crivent : &#171; Depuis 40 ans et plus, Marcel Czermak pose sans rel&#226;che les questions primordiales des origines de l'&#233;thique et des liens conjugu&#233;s de la psychiatrie et de la psychanalyse, dans une ind&#233;fectible fid&#233;lit&#233; &#224; des ma&#238;tres, tels que Georges (...)

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&lt;a href="http://www.psychanalyse-bretagne.org/spip.php?rubrique167" rel="directory"&gt;Quimper&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le samedi 16 juin 2012 &#224; 15 h 00&lt;/p&gt; &lt;p&gt;H&#244;tel OCEANIA
17 rue Poher (pr&#232;s du supermarch&#233; Carrefour)
QUIMPER&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans l'introduction au livre d'entretiens qui lui est consacr&#233; : &#171; La navigation astronomique &#187;
(ISI Print 2011), Cyrille Deloro et Jean-Michel Gentizon &#233;crivent :
&#171; Depuis 40 ans et plus, Marcel Czermak pose sans rel&#226;che les questions primordiales des origines de l'&#233;thique et des liens conjugu&#233;s de la psychiatrie et de la psychanalyse,
dans une ind&#233;fectible fid&#233;lit&#233; &#224; des ma&#238;tres, tels que Georges Daumezon et Jacques Lacan,
il soutient et poursuit une recherche des causes et de la v&#233;rit&#233; de la psychose. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Marcel Czermak est psychanalyste &#224; PARIS,
il a &#233;t&#233; psychiatre &#224; l'h&#244;pital Sainte-Anne,
il est le fondateur de l'Ecole Psychanalytique de Sainte-Anne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Sonoth&#232;que</title>
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		<enclosure url="http://www.psychanalyse-bretagne.org/sites/www.psychanalyse-bretagne.org/IMG/xls/cd_annee_decroissante.xls" length="56320" type="application/vnd.ms-excel" />
		
		<enclosure url="http://www.psychanalyse-bretagne.org/sites/www.psychanalyse-bretagne.org/IMG/xls/liste_enregistrements_cassettes_4_octobre_2011.xls" length="18944" type="application/vnd.ms-excel" />
		

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		<title>LORIENT : Lecture du s&#233;minaire VIII de Jacques Lacan : &quot;Le transfert, dans sa disparit&#233; subjective, sa pr&#233;tendue situation, ses excursions techniques.&quot;</title>
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		<dc:date>2011-09-04T19:58:10Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>auteur1</dc:creator>



		<description>Un Mercredi toutes les 3 semaines au cabinet de Mich&#232;le Varieras. Chaque participant &#224; son tour pr&#233;pare la le&#231;on. Reprise le mercredi 14 Septembre 2011 &#224; la Le&#231;on IV . Contact : Mich&#232;le Varieras 7, place Jules Ferry Lorient. Tel. : 02 97 21 21 38.

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&lt;a href="http://www.psychanalyse-bretagne.org/spip.php?rubrique156" rel="directory"&gt;Autres s&#233;minaires&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Un Mercredi toutes les 3 semaines au cabinet de Mich&#232;le Varieras.
Chaque participant &#224; son tour pr&#233;pare la le&#231;on.
Reprise le mercredi 14 Septembre 2011 &#224; la Le&#231;on IV .&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Contact : Mich&#232;le Varieras 7, place Jules Ferry Lorient.
Tel. : 02 97 21 21 38.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>A RENNES</title>
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		<dc:date>2011-08-16T15:09:06Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>auteur2</dc:creator>



		<description>Jeudi 1er d&#233;cembre 2011 &#224; 20h30, conf&#233;rence de Martine Campion-Jeanvoine, Jeudi 16 f&#233;vrier 2012 &#224; 20h30, conf&#233;rence de Isabelle Tokpanou, Jeudi 29 mars 2012 &#224; 20h30, conf&#233;rence de St&#233;phane Thibierge Jeudi 11 mai 2012 &#224; 20h30, conf&#233;rence de Chantal Gaborit. Maison des Associations, 6 cours des Alli&#233;s.

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&lt;a href="http://www.psychanalyse-bretagne.org/spip.php?rubrique161" rel="directory"&gt;Dans les villes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Jeudi 1er d&#233;cembre 2011 &#224; 20h30, conf&#233;rence de Martine Campion-Jeanvoine,&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Jeudi 16 f&#233;vrier 2012 &#224; 20h30, conf&#233;rence de Isabelle Tokpanou,&lt;/p&gt; &lt;p&gt; Jeudi 29 mars 2012 &#224; 20h30, conf&#233;rence de St&#233;phane Thibierge&lt;/p&gt; &lt;p&gt; Jeudi 11 mai 2012 &#224; 20h30, conf&#233;rence de Chantal Gaborit.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Maison des Associations, 6 cours des Alli&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Contact</title>
		<link>http://www.psychanalyse-bretagne.org/spip.php?article518</link>
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		<description>T&#233;l : 02 98 30 41 98 couriel : contact@psychanalyse-bretagne.org Adresse : 8 rue de Touraine, 29200 Brest Voir le plan

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&lt;a href="http://www.psychanalyse-bretagne.org/spip.php?rubrique62" rel="directory"&gt;Informations g&#233;n&#233;rales &lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;T&#233;l : 02 98 30 41 98
couriel : contact@psychanalyse-bretagne.org&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Adresse : 8 rue de Touraine, 29200 Brest&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a id=&quot;cbembedlink&quot; href=&quot;http://maps.google.com/maps?cbp=12,320.12,,0,1.12&amp;cbll=48.404281,-4.511460&amp;ll=48.404281,-4.511460&amp;layer=c&quot; style=&quot;color:#0000FF;text-align:left&quot;&gt;Voir le plan&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>SAINT-BRIEUC : &quot;Autre sc&#232;ne du grand &#233;cran&quot;</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>auteur2</dc:creator>



		<description>S&#233;ances de lecture de film (Avec l'association &quot;Les fondus d&#233;cha&#238;n&#233;s&quot;) Contact : Jean-Luc de Saint-Just, 02 96 78 10 65 ou 06 85 34 50 73 Dans leur enseignement Freud comme Lacan ont souvent pris appui sur des &#339;uvres litt&#233;raires, th&#233;&#226;trales, des peintures ou des sculptures, pour mettre en &#233;vidence ce que l'art donne &#224; lire, &#224; entendre et &#224; voir au plus pr&#232;s de la com&#233;die et du drame humain. C'est dans cette tradition que nous nous inscrivons, en prenant appui cette fois sur le cin&#233;ma et ce qu'il est (...)

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&lt;a href="http://www.psychanalyse-bretagne.org/spip.php?rubrique1" rel="directory"&gt;La psychanalyse dans la cit&#233;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;S&#233;ances de lecture de film (Avec l'association &quot;Les fondus d&#233;cha&#238;n&#233;s&quot;)
Contact : Jean-Luc de Saint-Just, 02 96 78 10 65 ou 06 85 34 50 73
Dans leur enseignement Freud comme Lacan ont souvent pris appui sur des &#339;uvres litt&#233;raires, th&#233;&#226;trales, des peintures ou des sculptures, pour mettre en &#233;vidence ce que l'art donne &#224; lire, &#224; entendre et &#224; voir au plus pr&#232;s de la com&#233;die et du drame humain.
C'est dans cette tradition que nous nous inscrivons, en prenant appui cette fois sur le cin&#233;ma et ce qu'il est susceptible d'induire d'un rapport &#224; l'image&#8230; &#224; l'&#233;cran.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A l'invitation de l'association cin&#233;phile de Saint-Brieuc &quot; Les fondus d&#233;cha&#238;n&#233;s &quot; dans le cadre de leur programmation annuelle, nous nous proposons de cr&#233;er &#224; l'issue de quelques s&#233;ances dans l'ann&#233;e, une autre sc&#232;ne : celle de la lecture, dans l'apr&#232;s-coup, d'une &#339;uvre de fiction projet&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il ne s'agit nullement de pr&#233;tendre &#224; une interpr&#233;tation psychanalytique d'un film, mais &#224; partir de ce que la rationalit&#233; psychanalytique permet d'y lire, de donner l'occasion &#224; un questionnement, &#224; une ouverture dialogu&#233;e et peut-&#234;tre &#224; un autre type d'&#233;changes, en de&#231;&#224; de ce qui fait &#233;cran.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La programmation de ces s&#233;ances de lecture sera diffus&#233;e ult&#233;rieurement d&#232;s la confirmation de la programmation annuelle des &quot; Fondus d&#233;cha&#238;n&#233;s &quot;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>SAINT-BRIEUC : La Passerelle</title>
		<link>http://www.psychanalyse-bretagne.org/spip.php?article515</link>
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		<dc:date>2011-07-20T16:38:37Z</dc:date>
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		<description>Dans le cadre de notre partenariat avec &quot;La Passerelle&quot;, Sc&#232;ne Nationale de Saint-Brieuc, nous continuerons, cette ann&#233;e encore, nos discussions dans le bar, au sein de &quot; La Passerelle &quot;, &#224; l'issue de certains spectacles ; c'est l'occasion d'une parole, d'un dialogue, d'une &quot;disputatio&quot;. Ce n'est ni une conf&#233;rence, ni un s&#233;minaire, mais, en prenant appui sur notre groupe, la possibilit&#233; d'un partage &quot;&#224; chaud&quot; apr&#232;s la repr&#233;sentation d'une pi&#232;ce de th&#233;&#226;tre Voici les pi&#232;ces en partenariat avec La (...)

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&lt;a href="http://www.psychanalyse-bretagne.org/spip.php?rubrique1" rel="directory"&gt;La psychanalyse dans la cit&#233;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans le cadre de notre partenariat avec &quot;La Passerelle&quot;, Sc&#232;ne Nationale de Saint-Brieuc, nous continuerons, cette ann&#233;e encore, nos discussions dans le bar, au sein de &quot; La Passerelle &quot;, &#224; l'issue de certains spectacles ; c'est l'occasion d'une parole, d'un dialogue, d'une &quot;disputatio&quot;. Ce n'est ni une conf&#233;rence, ni un s&#233;minaire, mais, en prenant appui sur notre groupe, la possibilit&#233; d'un partage &quot;&#224; chaud&quot; apr&#232;s la repr&#233;sentation d'une pi&#232;ce de th&#233;&#226;tre&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Voici les pi&#232;ces en partenariat avec La Passerelle :
&lt;strong&gt;Le mercredi 5 Octobre, 20 h 30&lt;/strong&gt; :
&quot;Les larmes am&#232;res de Petra Von Kant&quot;, de Fassbinder.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;le mercredi 9 Novembre2011, 20 h 30 :&lt;/strong&gt;&#171; Hercule furieux et &#338;dipe, les exil&#233;s de Th&#232;bes &#187;, de S&#233;n&#232;que.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le jeudi 12 Janvier 2012 &#224; 20 h 30 :&lt;/strong&gt; &#171; Don Juan &#187;, de Moli&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le mercredi 8 f&#233;vrier &#224; 20 h 30&lt;/strong&gt; : &#171; R&#233;alit&#233; non ordinaire &#187;, de Scorp&#232;ne&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>BREST : &quot; Une autre &#233;coute &quot; - 06 04 01 49 45 </title>
		<link>http://www.psychanalyse-bretagne.org/spip.php?article514</link>
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		<description>&quot; Une autre &#233;coute&quot; est un dispositif dans lequel des consultants peuvent rencontrer un membre de l'EPB, pour un ou quelques entretiens, qui leur permettent de faire le point et de s'orienter dans leur chemin singulier. Ces entretiens ont lieu, apr&#232;s prise de rendez-vous au 06 04 01 49 45, au local de l'EPB, 8 rue de Touraine, &#224; Brest. Dans ce cadre, &#171; Une Autre &#233;coute &#187; a fait ses premiers pas en 2009-2010. Dans la mesure o&#249; la clinique psychanalytique est ins&#233;parablement nou&#233;e &#224; la th&#233;orie, nous (...)

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&lt;a href="http://www.psychanalyse-bretagne.org/spip.php?rubrique1" rel="directory"&gt;La psychanalyse dans la cit&#233;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&quot; Une autre &#233;coute&quot; est un dispositif dans lequel des consultants peuvent rencontrer un membre de l'EPB, pour un ou quelques entretiens, qui leur permettent de faire le point et de s'orienter dans leur chemin singulier. Ces entretiens ont lieu, apr&#232;s prise de rendez-vous au 06 04 01 49 45, au local de l'EPB, 8 rue de Touraine, &#224; Brest.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans ce cadre, &#171; Une Autre &#233;coute &#187; a fait ses premiers pas en 2009-2010. Dans la mesure o&#249; la clinique psychanalytique est ins&#233;parablement nou&#233;e &#224; la th&#233;orie, nous travaillons r&#233;guli&#232;rement des questions &#233;mergeant de cette exp&#233;rience. &lt;/p&gt; &lt;p&gt;Responsable Mariette Murat&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>SAINT-BRIEUC : Lecture du S&#233;minaire de Charles Melman &quot;Pour introduire &#224; la psychanalyse aujourd'hui&quot;</title>
		<link>http://www.psychanalyse-bretagne.org/spip.php?article513</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.psychanalyse-bretagne.org/spip.php?article513</guid>
		<dc:date>2011-07-20T16:25:54Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>auteur2</dc:creator>



		<description>En r&#233;f&#233;rence &#224; l'introduction &#224; Psychanalyse de Sigmund Freud, Charles Melman dans ce s&#233;minaire conclusif de son enseignement, tenu en 2001-2002, met &#224; l'&#233;preuve de la clinique quotidienne les cons&#233;quences des avanc&#233;es de Jacques Lacan, v&#233;ritables travaux pratiques sur les formations de l'inconscient, par exemple ; utile &#171; introduction &#187; pour qui veut avancer dans le domaine de la psychanalyse &#224; partir d'&#233;l&#233;ments stables et consistants. Date et lieu vous seront pr&#233;cis&#233;s lors de votre inscription. Contacts (...)

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&lt;a href="http://www.psychanalyse-bretagne.org/spip.php?rubrique157" rel="directory"&gt;Lectures de Charles Melman&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En r&#233;f&#233;rence &#224; l'introduction &#224; Psychanalyse de Sigmund Freud, Charles Melman dans ce s&#233;minaire conclusif de son enseignement, tenu en 2001-2002, met &#224; l'&#233;preuve de la clinique quotidienne les cons&#233;quences des avanc&#233;es de Jacques Lacan, v&#233;ritables travaux pratiques sur les formations de l'inconscient, par exemple ; utile &#171; introduction &#187; pour qui veut avancer dans le domaine de la psychanalyse &#224; partir d'&#233;l&#233;ments stables et consistants. Date et lieu vous seront pr&#233;cis&#233;s lors de votre inscription.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Contacts : Paul Bothorel, 02 96 33 50 44 ; R&#233;gine Pouyade, 06 84 15 79 43&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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